French Divide 2017 – Days after

French Divide 2017 – Days after

Les jours d’après

Nous retournons en famille à Mendionde le lendemain de mon arrivée pour dire au revoir à tout le monde.
Mario et moi tombons nez à nez sans nous reconnaître immédiatement, car nous sommes habillés en « civil », puis nous nous tombons dans les bras.
Mario a écrit un superbe article de sa course sur bikepacker.com, site de référence de bikepacking.
Jean-Philippe, Jean et Mario sont arrivés en début de nuit, la veille. Puis après, derrière, il y a un gros trou.
Nous profitons de ces bons moments après course, puis il est temps de rentrer.
Avant cela, je veux absolument immortaliser le moment avec la géniale équipe de la French Divide réunie au complet. Merci encore à vous pour votre gentillesse, disponibilité et attention auprès de tous les participants. Samuel, pardon pour les insultes, elles se sont de toute façon perdues dans la montagne.

The French Divide dream team : Samuel, Clément, Thibaut, (moi), Céline, Lionel

J’ai beaucoup dormi la semaine après mon arrivée, vraiment beaucoup. Le corps réclame son dû.
Je m’en tire sans gros bobos. Le mal de pieds et de fesses, c’est réglé en quelques jours. J’ai récupéré totalement la sensibilité de mes deux petits doigts de chaque main en deux mois, alors que certains devront être plus patients. C’est assez classique sur de la longue distance, les nerfs passant dans la paume des mains sont compressés bien plus qu’à la normale.

J’ai beaucoup dormi après la French Divide

Je découvrirai avec désarroi et déception la mauvaise qualité de mes photos, une fois transférées sur PC et visionables sur un vrai écran. Je suis super déçu. J’ai changé mon téléphone quelques jours avant le départ suite à la mort subite du précédent, et j’ai fait l’erreur de protéger l’objectif avec un film adhésif, ce qui avait fonctionné avec l’autre.
J’y tiens à ramener de belles photos lorsque je pars à l’aventure… Celles-ci restent néanmoins correctes.

Les statistiques

Voici les statistiques de ma French Divide (données issues de mon compteur GPS) :

Temps total 9 jours, 9 heures, 7 minutes
Distance totale 2194 km
Dénivelé positif 33 000 m
Temps de sortie moyen par jour 18h50′
Distance moyenne par jour 244 km
Dénivelé moyen par jour 3650 m

La French Divide, le bikepacking

Alors évidemment, les moments difficiles, on a tendance à les estomper, et à les oublier, même si je les ai pas mal relatés dans ce récit. C’est ce qui donne l’envie de repartir, et comme pour beaucoup, l’accomplissement d’une belle épreuve génère assez rapidement d’autres idées et envies pour la suite. C’est une chance d’avoir des projets.

Lorsque j’avais demandé à Sylvain, qui a fait la première édition, quelques mois avant de m’inscrire, des renseignements sur l’épreuve, il m’avait dit que je trouverais ça facile après la TCR.  J’ai trouvé ça très difficile. La comparaison a évidemment ses limites, l’une est une épreuve purement de route, l’autre principalement de chemins, mais je me souviens plusieurs fois m’être dit pendant la course que je trouvais ça plus dur que la TCR. La French Divide est une épreuve vraiment dure et intense, qui laisse peu de répit.
Le tracé est vraiment superbe. Il aurait pu passer par les Alpes, pour faire comme tout le monde, passer à Chamonix pour faire branché, mais c’est une épreuve authentique qui préfère passer dans le Nord, en Champagne, dans le Morvan, dans le Massif Central pour finir dans les Pyrénées. C’est génial !
La seule curiosité concernant cette épreuve est que j’ai largement plus entendu prononcer le mot « bière » que « vélo ».
J’ai envie de repartir sur ce genre de format, la route me paraît fade à côté. Je viens du tout terrain et du raid, j’ai comme retrouvé mes racines en faisant cette course.

Alors VTT ou gravel ?

Le vélo est un superbe objet technique. On s’attache rapidement à sa monture, alors quand on a, en plus, traversé la France avec et vécu quelques péripéties, le lien affectif avec son vélo est renforcé. Alors, VTT ou gravel bike ? Bien sûr je ne regrette pas mon choix, mais la French Divide propose un tracé tellement polyvalent que les deux choix me semblent tout à fait cohérents, à condition d’avoir des pneus de section suffisante, « suffisant » s’appréciant en fonction de chacun !

Ma monture après 2200 km

Bilan matériel

Je suis bien évidemment parti avec du matériel que j’avais déjà testé auparavant et on peut dire que ça c’est quand même bien passé. Voici un petit retour d’expérience sur quelques points essentiels.

Pneumatiques
Rouler avec des pneus renforcés est probablement une bonne idée… Toutes les marques en proposent. Ces pneus sont plus lourds et plus raides, mais c’est le prix d’une certaine tranquillité. Je n’en avais pas pour la French Divide, j’aurais peut-être évité les lacérations de mon pneu arrière, qui sait…
Je suis fan du tubeless et je ne me vois pas faire ce genre de course en chambre à air. Après avoir lu quelques compte-rendus des participants de la French Divide, je suis loin d’être le seul à avoir eu des galères de pneumatique. Mais il y en a aussi qui n’ont pas crevé une seule fois !

Le Hutchinson Taigan renforcé a fait le job

Transmission
Je suis parti avec une transmission neuve bien évidemment, en 2×10 vitesses.
La chaîne 10v KMC a parfaitement tenu le coup. Je pense qu’une transmission mono-plateau 1x11v peut être intéressante sur cette épreuve, et beaucoup de participants en étaient équipés. Mon boitier de pédalier a en revanche rendu l’âme, beaucoup de jeu à l’arrivée et roulements complètement rouillés. Il était d’origine.

Boitier de pédalier HS

Plaquettes de freins
Mes plaquettes à l’arrivée étaient ruinées, mais je n’ai pas eu à les changer durant l’épreuve malgré les conditions climatiques défavorables. J’avais des plaquettes semi-métalliques : meilleure tenue en température et donc meilleur freinage pendant les longues descentes et meilleure longévité que des organiques. J’avais des plaquettes d’origine (Formula).

Plaquettes en fin de vie

Sacoches de cadre
J’ai une bonne expérience avec Apidura, mais certains utilisateurs les trouvent fragiles. Celles que j’avais sur la French Divide ont fait la TCR, deux Born To Ride, et quelques entraînements… Donc plutôt satisfait de la longévité !

Système d’éclairage/rechargement
J’utilise un moyeu dynamo SP couplé à un phare Supernova et à un convertisseur USB pour recharger les électroniques. Ce système fonctionne parfaitement sur route, mais en tout terrain, je suis plus mitigé. Le terrain plus accidenté fait qu’on est loin d’atteindre régulièrement 14 km/h (seuil de déclenchement de la puissance nécessaire avec mon set en roue 29″) pour l’éclairage ou le rechargement. De plus, les vibrations en tout-terrain accélèrent l’usure des connectiques quand celles-ci sont raccordées.

Moyeu dynamo Shutter Precision PD8X

Bref…

La French Divide est une superbe course, euh pardon, un superbe brevet.
Je suis vraiment content d’avoir fait cette 2ème édition car les courses de bikepacking sont en train d’exploser. Chaque pays commence à avoir sa Truc Divide, Trans-Machin, Ride Across Bidule. Il y a des pratiquants pour, donc c’est logique et plutôt cool d’avoir une « offre » qui s’agrandit.
Mais il est difficile de ne pas faire la comparaison avec l’apparition du trail il y a quelques années. Quand on voit ce qu’est devenu l’UTMB, on a envie que la French Divide conserve son esprit originel. Et pour ça, on peut compter sur Samuel.

 

6 thoughts on “French Divide 2017 – Days after

  1. Merci pour ce CR de cette course (euh brevet ) hors norme, en effet ça donne vraiment envie, cet esprit d’itinérance, de gestion du temps, du matos…etc
    Un grand bravo et félicitations pr l’avoir fini et surtout gagner !!!
    Je vais suivre encore plus cette 3ème édition en cours actuellement
    Raideusement
    Émilien pour Team Écouvillon Aventure

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