Transcontinental Race No4 – Day 3

Transcontinental Race No4 – Day 3

Passage en Suisse

France, Suisse, 349 km, 3100 m D+, 18h30
lundi 1er août

J’émerge vers 5h du matin, me lève vers 5h20 et suis prêt à partir à 6h. Il fait jour, ça me fait bizarre. J’ai 1 heure de retard par rapport à ce que je souhaitais, j’ai l’impression d’avoir fait la grasse matinée, mais en calculant je réalise que ça ne fait que 4h de sommeil. Soit. Effectivement il y a un peu de circulation dans la rue, je n’étais plus habitué à ça. Manu me le rappelle d’ailleurs par texto en me signalant qu’il a commencé à rouler avant moi pour aller au boulot !

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Départ de Digoin au lever du jour

Je rejoins une route qui longe un petit canal. Le lever de soleil est magique avec la brume qui reste stagnante sur l’eau. La route est bien roulante avec peu de circulation.

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Lever de soleil sur un canal de Saône-et-Loire

Il y a un faible vent de dos qui rend la route bien agréable.
J’arrive à Montceau-les-Mines et je passe devant la centrale thermique de Lucy, arrêtée définitivement en 2015. Et non, il n’y a pas que les centrales nucléaires qui ont des aéroréfrigérants (la grande cheminée en béton en forme d’hyperbole) !
Juste après j’aperçois une grande boulangerie sur un parking de centre commercial, l’aubaine ! La boulangère super sympa, 3 viennoiseries + un jus de pomme, voilà de quoi me mettre de bonne humeur pour continuer.

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Centrale thermique de Lucy

Je longe ce canal pendant encore plusieurs kilomètres avant de retrouver à nouveau des petites routes de campagne. Comme à chaque matin, j’ai l’impression d’être lent et de me traîner.
Je m’arrête pour déjeuner vers midi à Gergy, un peu au nord de Chalon-sur-Saône, dès que je trouve une supérette : c’est un moyen de restauration idéale car c’est petit, on trouve quasiment tout et c’est rapide. Sandwich, soda, banane + ravitaillement en Snickers et autre Twix. En 30 minutes c’est envoyé et c’est reparti. Je traverse la Saône sur un magnifique petit pont métallique.

Pont sur la Saône

En passant à Pleure, je pense au magazine « 200 le vélo de route autrement » que tout cycliste deuxcentbornard et plus connais désormais pour la qualité de leurs articles et leur ton décalé. Cette année « leur tour de France » se terminera à Moncuq. Ben oui, c’est le tour de Montcuq. J’immortalise ce passage à Pleure en me disant que j’aurai été prévenu de ce qui m’attend dans les Alpes !

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Pleure ! Je sais ce qui m’attend !

J’aurai fait encore pas mal de petites corrections d’itinéraire aujourd’hui pour éviter de passer dans des pistes à travers champs car je veux préserver au mieux mes pneus. Ce n’est pas très compliqué, je fais généralement un petit détour et récupère la trace quelques centaines de mètres plus loin, ça n’a quasiment pas d’impact sur la fluidité de mon itinéraire.

Je m’arrête bien plus tard à Arbois, non pas pour déguster du vin, mais pour la pause goûter. J’ai un gros coup de barre, il fait chaud. Je suis étonné de n’avoir croisé aucun concurrent encore aujourd’hui. Je checke Freeroute sur mon téléphone et je comprends. Je suis passé plus au Nord que la plupart des riders. Je commence quand même à avoir le doute sur mes compétences de traceur d’itinéraire… Je sais que, comme ça, j’ai évité du dénivelé mais est-ce-que cela valait la peine de faire plus de distance ? Difficile de savoir.

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Sur transversale française ouest-est, je suis passé plus au nord que la masse de concurrents

A Arbois je charge une nouvelle trace GPS, la n°5. J’ai splitté les 3800 km en plusieurs traces dont la plupart font 300 km. Chaque nouvelle trace chargée est une satisfaction, et je me mets à imaginer le moment où je chargerai la 16ème et dernière…

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Arbois connu pour ses vins

J’arrive à Pontarlier vers 19h. Je m’arrête dans une supérette pour ravitailler en j’en profite pour faire un stop de 20′ en mangeant un sandwich. Je checke Freeroute à nouveau. Purée ils passent quasiment tous par Neuchâtel. J’ai prévu de passer plus au sud par Fribourg. Je n’ai plus confiance en mes itinéraires. Je regarde avec Google qu’effectivement par Neuchâtel il semble y avoir beaucoup moins de dénivelé. Mais comment n’ai-je pas vu ça en traçant chez moi ?! J’en m’en veux, mais c’est comme ça. J’hésite car j’en ai pour 150 km hors trace GPS, à naviguer un peu à vue. Je décide de me lancer. On verra, après tout cette course, c’est l’aventure.

Je passe la frontière Suisse quelques kilomètres plus loin, c’est un grand moment. Fini la France avec déjà plus de 1000 km au compteur. Plus d’un quart du chemin parcouru. Mais pour moi, les choses sérieuses commencent maintenant, à commencer par arriver à m’orienter correctement.

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Poste frontière Suisse
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Me voilà en Suisse !

Je reçois plusieurs messages qui me félicitent de ce passage de frontière, ça me fait super plaisir, je sens mes proches derrière moi.

J’arrive à Neuchâtel assez facilement, un peu trop tard pour bénéficier du coucher de soleil sur le lac.

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Le soleil est déjà couché quand j’aperçois le lac de Neuchâtel

C’est la fête nationale suisse en ce lundi 1er août. Les gens sont dehors, il y a une super ambiance. Par contre ça se complique au niveau itinéraire. Les routes se sont densifiées sur mon petit écran de GPS, je n’arrive plus à voir où il faut que j’aille, d’autant qu’il y a des autoroutes à éviter absolument. J’utilise alors la fonction routage de mon 2ème GPS, en lui demandant de m’emmener à Spiez, là où je dois rejoindre ma trace initiale. Je n’aime pas utiliser cette fonction car je ne fais pas confiance au calculateur Garmin, pour l’avoir utilisé plusieurs fois par le passé. Mais là ça marche plutôt bien. Je manque tout de même de me retrouver sur l’autoroute, je me fais bien klaxonner et je m’extirpe de la ville. Ouf. Pour fêter ça, je m’arrête à une station service peu avant 22h, pour ravitailler.

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Ravito à la station service

Je vise d’atteindre Bern pour passer la nuit, je verrai ce que je trouve, hôtel ou abri pour dormir. Je sens la fatigue et prends une boisson énergisante pour m’aider à tenir (je sais c’est pas terrible, mais ça marche bien sur moi).

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Une pensée pour mon pote Loïc, spécialiste de la Redbull 😉

Je repars sur les routes de la campagne suisse, bien vallonnées, et en l’espace d’une demi heure, je profite de tous les feux d’artifice des villes et villages aux alentours. Ça pète de partout, et le ciel est illuminé de multiples couleurs. Et oui, c’est la fête nationale !

Avant d’atteindre Bern, vers 23h, j’aperçois une petite lumière rouge dans la nuit. Dans une montée, je rattrape un rider de la TCR. C’est le premier que je vois de la journée ! On discute rapidement, je double, il me rattrape dans la descente et à l’air de vouloir rester avec moi pendant la traversée de Bern. On dirait que le gars est un peu perdu, à moins qu’il cherche de la compagnie.

Je commence à chercher un endroit pour dormir et je comprends rapidement qu’il va falloir que je sorte de la ville car je ne vois pas d’endroit tranquille pour me poser. Je m’arrête devant un hôtel Ibis qui me tend les bras. Mon compagnon aussi. J’hésite… Pas très longtemps en fait quand je vois le prix de la nuitée, plus de 150 € de mémoire. Je continue ma traversée errante et sors de Bern. Je me retrouve devant un passage à niveau dont les barrières sont en train de se baisser. J’attends calmement que le train passe, je suis comme un gamin à profiter de cette scène nocturne avec les lumières rouges clignotantes du passage à niveau et le train qui passe avec quelques voyageurs. Je me rends compte que mon compagnon de la TCR n’est plus là.

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Passage à niveau à la sortie de Bern

Un peu plus loin je rentre sur parking d’un concessionnaire automobile, je suis prêt à me coucher entre les voitures mais le terrain est en pente, ce n’est pas terrible. Je continue ma route un peu désespéré car je commence à être franchement fatigué. Je sens qu’il faut que je m’arrête rapidement avant de me transformer en zombi à vélo et de le payer cher le lendemain. Je trouve un parking à vélo vide dans une résidence, avec un vélo dessiné sur un mur. C’est un signe. Stop pour aujourd’hui. Il est 00h45.

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Le parking à vélo m’offrant l’hospitalité d’un soir

Je m’installe rapidement mais comme tous les soirs je prends le temps de lire les messages et de donner des news. Quelques passants passent encore sur le trottoir, je regarde mais j’ai l’air bien caché des regards derrière la haie d’arbustes. Je sens que c’est safe, je m’endors.

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Mon spot pour dormir le 3ème jour
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Activité Strava Day 3 – France, Suisse, 349 km, 3100 m D+, 18h30

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